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Conclusion sur l’impact des médias sociaux dans l’entreprise

Pour la rédaction de ce livre blanc, nous avons privilégié la rencontre et l’entretien, où chacun a pu faire preuve de son altérité. Ces réponses plurielles constituent un nouveau socle de travail pour tous ceux qui s’intéressent à cette question. Au cours de ce dernier chapitre, nous avons voulu vous donner les points de vue communs qui sont apparus au cours de ces entretiens. Nous verrons ensuite les différentes étapes du chemin qui mène à l’entreprise communautaire.

Des convictions partagées

Le premier trait commun qui est apparu est le langage passionné de nos interlocuteurs pour le sujet. L’actualité du sujet en est une des causes, mais elle n’explique pas tout. Certains travaillent sur le sujet depuis des années avec une approche de sociologue. Ainsi Michel Germain, Dominique Turcq et François Silva, tout à la fois chercheurs, enseignants, conseillers et hommes d’entreprise, ont très vite compris la nécessité de s’intéresser à l’impact de l’émergence des médias sociaux sur les organisations de l’entreprise. D’autres ont pris le risque d’être les pionniers dans l’expérimentation de certains médias sociaux, comme ce fut le cas de Stéphane Roussel qui a créé chez SFR « mySFR ». D’autres, tel Carlos Diaz, ont créé une entreprise pour développer ces outils. Passionnés et engagés, tous font figure de pionniers de cette nouvelle forme de communication.

 

Nos témoins partagent tous la conviction que les entreprises, à travers leurs dirigeants, doivent réagir vite. Ils parlent de monde en rupture, de changements de culture et de paradigmes. Tous soulignent l’importance de cet impact sur les organisations, et la nécessité de renouveler notre regard sur les comportements au sein des entreprises. Ils reconnaissent le gain de productivité que peut découler de l’utilisation de ces outils. Selon eux, cette étape est essentielle à franchir pour permettre la survie des entreprises dans les prochaines décennies.

 

Une grande inquiétude envahit alors nos interlocuteurs. Quelle va être la capacité des entreprises à modifier leur façon de faire et d’agir ? Combien de temps va-t-on attendre avant que les membres d’un comité de direction soient sur un site « Facebook » professionnel ? Pourquoi les comités de direction n’utilisent pas des outils tels les forums pour créer un vrai travail collaboratif, notamment pour l’élaboration du plan stratégique, s’interroge Dominique Turcq.

 

Au-delà de cette inquiétude, tous pensent que cette rupture est inévitable, car elle est une réponse aux attentes de notre société. Nos experts sont convaincus que ces médias se développeront sous toutes ses formes et qu’un nouveau territoire virtuel se mettra en place. Cet espace permettra un travail collaboratif et redonnera au middle management une vraie place de leadership. Cette vision s’accompagne d’une certitude : les entreprises n’y sont pas préparées et il est urgent de les aider dans cette démarche.

Vers une entreprise communautaire : une volonté avant même d’être une décision de dirigeants…

Nous assistons à un vrai changement culturel qui va conduire à une nouvelle pratique sociale. L’élan et l’impulsion ne peuvent venir que du haut, du top management, qui doit être le sponsor de la mise en place de ces nouveaux médias sociaux. À l’instar du CEO de Cisco, ils doivent prendre à bras le corps cette mutation et s’assurer que la première ligne, c’est-à-dire le comité de direction, partage cette vision de l’organisation de l’entreprise.

Avec tous les salariés intervenant comme des acteurs reconnus…

Les médias sociaux ne créent pas de lien. C’est à l’entreprise qu’en incombe la tâche en faisant en sorte que chacun soit un acteur reconnu dans l’organisation. Sans ce sentiment d’appartenance et de reconnaissance, le salarié ne pourra être motivé. En devenant acteur d’une organisation collaborative, tout salarié peut tenir son rôle dans l’entreprise quelle que soit sa fonction.

Dans lequel le middle management joue un nouveau rôle…

Avec l’espace collaboratif, le manager devient un acteur de la mise en oeuvre du plan stratégique. Il ne se contente plus d’exécuter le plan en tant que tel. Il a la charge de traiter l’information et de la faire partager à ses équipes, en osant donner du sens. Le manager devient un traducteur et un enrichisseur de l’information. Il doit être dans la proximité, tout en gardant son rôle de leader. Il doit savoir occuper les terrains du réel comme ceux du virtuel. Ces nouveaux outils permettent de faire émerger les leaders de demain. Sur un forum, on peut se rendre compte de la poignée d’intervenants qui se distinguent des autres. Sur un Facebook, on peut découvrir des compétences de management acquises par un collaborateur en dehors de l’entreprise.

et où chaque communauté peut s’ouvrir vers la diversité…

Les jeunes qui rentrent dans l’entreprise aujourd’hui sont pleinement productifs dans un système coopératif et de partage. L’entrée du monde extérieur doit permettre d’enrichir la productivité de l’entreprise. Il faut donc savoir organiser ces communautés en respectant deux grands principes : l’ouverture à la diversité et la cohérence.

Pour charger l’entreprise d’un sens profond et d’un idéal…

Dans une entreprise communautaire, l’entreprise devient un ensemble de projets impliquant tous les salariés. En redonnant le pouvoir au consommateur, l’entreprise est obligée de se fondre avec le monde. Or le monde est en profonde mutation. L’entreprise qui ne s’adapte pas est appelée à mourir. La prise de conscience de la société des risques majeurs qui pèsent sur notre planète oblige les entreprises à s’autosaisir de la question. Elles devront savoir gérer la croissance dans le respect du développement durable pour attirer les meilleurs en leur sein et répondre à l’attente de leurs clients. Un nouvel enjeu apparait dés lors pour les entreprises. Elles vont sortir du modèle classique de la production de masse. Dans ce nouveau modèle, le rationnel laissera donc une place à l’émotionnel.

La création de richesse dans l’entreprise communautaire

Tous les intervenants de ce livre soulignent les gains de productivité acquis par l’utilisation des medias sociaux dans l’entreprise. Mais sont-ils pour cela créateurs de richesses pérennes et constituent-ils de nouveaux actifs au bilan de l’entreprise ? Comment peut-on les valoriser ? Ces actifs sont-ils pris en compte par les analystes financiers dans la valorisation des entreprises ?

La valeur du réseau dépend de son efficacité. Certes, le nombre de membres sur Facebook contribue à sa valorisation actuelle. En sera-t-il de même pour des outils analogues développés en interne ?

 

Nous voyons qu’au-delà des organisations, se pose la question de l’impact des médias sociaux sur les valorisations futures des entreprises. Dans cette ère de la connaissance, le savoir est une arme. Les entreprises en ont-elles pris conscience ?

 

Nous remercions pour leur contribution à l'élaboration de ce livre blanc Carlos Diaz, Michel Germain, Stéphane Roussel, François Silva ainsi que Dominique Turcq.




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